Les restaurateurs de cartilage

Classé dans : Innovation, Faits marquants — Gilles 7 juin 2007 @ 7:48

La thérapie cellulaire offre des perspectives de traitement de l’arthrose, une voie explorée à Nancy par le Pôle lorrain d’ingénierie du cartilage.

Les sportifs savent combien le cartilage est fragile et précieux. Situé au bout des os, de chaque côté des articulations, il sert à la fois à absorber les chocs, et à permettre les mouvements harmonieux de ces articulations.

L’ennemi du cartilage, c’est l’arthrose, une sorte d’usure liée au vieillissement, favorisée notamment par l’obésité, qui crée des lésions diffuses dans le genou. Les lésions du sportif (traumatisme, fracture… ) constituent l’autre grande catégorie « d’attaque » de ce tissu cartila gineux, dont l’une des caractéristiques est qu’il ne contient pas de vaisseau sanguin. Conséquence : une fois altéré, le cartilage ne se reconstitue pas de lui-même. Ses capacités de restauration sont très limitées.

Greffes et prothèses

Côté traitements, si des médicaments permettent de ralentir l’évolution de la maladie, « l’anti-arthrosique idéal reste à découvrir », poursuit le professeur Gillet, « la difficulté étant qu’il empêche la progression de la maladie en terme d’altération du cartilage et qu’il n’ait pas d’effets indésirables ».
A l’heure actuelle, le meilleur traitement de l’arthrose, à un stade avancé, reste la pose d’une prothèse : « Le patient retrouve sa fonction articulaire et n’a plus de douleur ». Pour ce qui est des lésions, « chez le sujet jeune, les greffes de cartilages donnent d’assez bons résultats », souligne le professeur Didier Mainard, professeur de chirurgie orthopédique au CHU de Nancy et membre du PLIC , qui présente l’originalité d’associer des chercheurs de différentes disciplines et des cliniciens.
A côté de ces deux principales thérapies reconstructrices que sont la chirurgie prothétique et la greffe, les scientifiques explorent aujourd’hui une troisième voie, celle de « l’ingénierie tissulaire », une technique en plein essor qui consiste en substance à régénérer, voire remplacer un tissu en y injectant des cellules, notamment des cellules souches adultes « mesenchymateuses » issues de la moelle osseuse.

Premiers patients

La thérapie cellulaire fait partie des pistes de recherches explorées au PLIC, dont les chercheurs travaillent sur des cellules de rat et sur des lignées humaines.
Dans le cas d’une lésion du cartilage, d’un « trou » de deux trois centimètres, le défi consiste à mettre au point des implants en biomatériaux (collagènes, éponges… ) hébergeant des contingents de cellules, et à les injecter dans le tissu. L es cellules devront ensuite se développer et s’organiser afin de former une matrice capable de combler la lésion et de reproduire les propriétés du cartilage d’origine. « Il faudra notamment que les cellules restent différenciées suffisamment longtemps pour fabriquer de la matière cartilagineuse », souligne le docteur Jacques Magdalou, directeur de recherches au CNRS et directeur adjoint de l’UMR 7561.
Pour leurs recherches, les scientifiques nancéiens, soutenus par l’ensemble des collectivités, disposent d’outils ultra-perfectionnés, à l’image d’un « spectromètre de masse Maldi Tof » utilisé pour « vérifier à l’aide de marqueurs que les cellules s’orientent dans la bonne direction, secrètent la bonne matrice ».
Les expérimentations menées au PLIC de Nancy et dans quelques autres centres français commencent à donner des résultats. Un programme clinique de thérapie cellulaire concernant vingt patients est ainsi conduit depuis trois ans par une équipe lyonnaise.

source : EST REPUBLICAIN lorraine

COMMENTAIRE
Voici plus de 20 ans que les médecins orthopédistes et rhumatolistes recherchent des solutions pour palier aux pathologies du “cartilage” donc des articulations.
Les Biotechnologies vont sans aucun doute créer rapidement une rupture technologique.

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